1. Du sang, de la volupté et de la mort, le titre du livre célèbre de Maurice Barrès paru au tournant du XIXe et du XXe siècle, ouvrage d’un voyageur fasciné en particulier par les rudes paysages espagnols, ce titre pourrait servir d’intitulé pour notre émission de ce matin. Nous allons en effet y parler de la tauromachie et il n’est guère de spectacle qui mêle de si près ces trois composantes propres à susciter toutes les passions. Et Dieu sait que les passions se bousculent autour de la corrida qui voit s’affronter sans répit, de très longue date, les aficionados qui y célèbrent, dans la continuité d’une longue tradition méridionale, une certaine beauté de la violence maîtrisée par des rituels lumineux et d’autre part celle des défenseurs des animaux qu’indignent les souffrances infligées aux taureaux au service de plaisirs dénoncés comme cruels et en somme barbares. Il n’est guère de saison qui ne voit ressurgir ce face à face, et celle que nous traversons ne fait pas exception. L’opération lancée le 11 juin dernier l’a bien montré, une opération dénommée « enveloppes rouges et blanches à l’Elysée » et consistant à exiger du nouveau président de la République la suppression de l’alinéa 7 de l’article 521-1 du code pénal, article autorisant les corridas dans certaines régions de France lorsque peut-être invoquée, je cite, une « tradition locale ininterrompue ». L’Histoire au service d’une spécificité régionale de cette dimension dans notre République jacobine, voilà bien qui est fait pour stimuler notre curiosité. Et afin de la satisfaire, du côté du sang, de la volupté et de la mort, rien de mieux que de faire fond sur la science d’Eric Baratay, professeur à l’Université de Lyon, spécialiste de l’histoire des relations qu’ont entretenues au long des âges les hommes et les animaux. Jean-Noël Jeanneney.

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